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Ton enfant veut caresser cet animal : voici quoi lui répondre

9 oct.
26 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 oct.


Ma fille a bientôt 2 ans, elle mesure à peu près 80 centimètres et elle découvre le monde avec une conviction inébranlable : tout ce qui bouge doit être touché. Elle veut toucher une fourmi et elle l'écrase. Elle veut toucher une abeille, et je tremble pour l'abeille. Elle veut toucher un escargot, et je pense à sa coquille et à sa vie. Plus je lui transmets mon émerveillement pour les animaux, plus elle s'y intéresse et plus elle réclame le contact. Oupssie ! Voilà un vrai sujet, que j'ai envie de te raconter, d'analyser et de décortiquer avec toi. Evidemment ça va sans dire, je ne suis ni coach en parentalité ni pédopsychiatre ni Marie de Montessori.


Déjà un aveu s'impose : de base, je ne suis pas à l'aise avec les enfants. Ils m'intimident, ils n'ont aucun filtre et me confronter à eux me procurait un inconfort extrême durant des années. J'ai toujours été familière avec les animaux, jamais avec les enfants et je suis devenue maman alors que ce n'était ni prévu ni vraiment possible. Mais bref ! J'adore mon rôle de maman, mais je n'avais jamais anticipé ça : lui transmettre mon amour des animaux tout en évitant les travers que cet amour peut provoquer.



Alors je ne te fais pas de dessin mais je te laisse imaginer la scène : ton enfant repère un animal, ses yeux deviennent deux soucoupes et sa petite main s'élance vers le poil, la plume ou la bave avec la discrétion d'un bulldozer : « Je veux toucher ! » Tu disposes d'environ 0,01 seconde et demie pour traduire une idée assez vaste et bien trop philosophique pour sa petite tête blonde avant que ses petites baskets passent à l'action. Évidemment, pas le temps de lui faire la synthèse d'une conférence sur l'antispécisme entre deux goûters, alors j'ai tenté une seule phrase.


« Tu as très envie de le caresser, je comprends. Mais lui, on va le laisser tranquille et le regarder d'ici. »

Je lis beaucoup sur la parentalité en ce moment, justement pour ne pas dire non sans explication, pour ne pas fabriquer de frustration inutile et pour ne pas traiter ma fille comme si elle ne comprenait rien. Prendre un enfant au sérieux, c'est se souvenir qu'on a toutes et tous été ces tout petits êtres fraîchement débarqués dans un monde dont on ignorait les règles, avec des envies immenses et très peu de mots pour les exprimer. J'essaie donc d'accueillir ce que ma fille vit au moment où elle le vit, parce qu'elle n'a que son corps, ses cris et ses larmes pour traduire ce qu'elle ressent : elle ne va pas me répondre « Oui mère, effectivement, je ne vais point imposer le contact à cet être non consentant » (si ça arrive, je l'inscris à Sciences Po sur-le-champ).


Accueillir l'envie mais poser la limite


Alors déjà on va dédramatiser un petit coup hein : avoir envie de toucher un animal ne fait pas de ton enfant un futur directeur de delphinarium. J’en suis la preuve vivante : petite, j’ai caressé un dauphin à SeaWorld, avec une vingtaine de personnes agglutinées autour du bassin. J’étais portée par une excitation immense, je vivais un rêve, j’étais avec Flipper, et aujourd’hui je consacre mon travail à défendre les animaux.


Cette excitation était sincère et c’est justement pour ça que je la prends très au sérieux ! Il manquait simplement, à côté d’elle, quelqu’un pour poser la question du dauphin : ses envies, ses besoins, ses ressentis. Il était un individu à part entière, avec ses besoins, ses amitiés, ses humeurs et des envies qui n’avaient aucune raison de coïncider avec les miennes. Un enfant dont on reconnaît l’enthousiasme (« Et bien je vois que tu es tout excité·e dis donc ! ») accepte en général mieux une limite qu’un enfant qu’on arrête net dans son élan : il se sent alors incompris. On commence donc par entendre l’élan et on prend le temps de poser le cadre juste après.



Pour un tout-petit, quelques mots suffisent : « On regarde. On ne touche pas. » Et si sa main part déjà, l'adulte intervient doucement, sans attendre que la consigne ait été assimilée. Tu peux aussi essayer « Regarde, maman elle touche pas non plus », parce que les enfants fonctionnent beaucoup par mimétisme. Chez moi, ça marche : ma fille ne me voit pas toucher, alors elle ne touche pas non plus. Avec un enfant plus grand, on peut faire appel à l'empathie : « Tu as envie de lui faire une caresse parce que tu l'aimes bien. Mais imagine : tu aimerais, toi, qu'une personne que tu ne connais pas vienne te toucher la tête ? Lui non plus ne sait pas si ça lui ferait plaisir, alors on ne lui impose pas. »


Si ton enfant veut aller vers un chien, une chèvre, un cheval ou un serpent, la réponse change un peu et j'y reviens plus bas dans l'article. Toutes les phrases-clés que je propose sont bien évidemment des pistes à adapter à l'âge et au caractère de ton enfant. Je trouve essentiel de s'interroger au maximum sur la façon de guider nos futur·es petit·es antispécistes, parce que les gestes qu'on leur apprend aujourd'hui deviendront leurs réflexes d'adultes.


Alors franchement, je ne te promets pas du tout un enfant instantanément ravi par les limites que tu vas lui poser. Il peut pleurer, bouder ou s'effondrer sur le trottoir en totale performance théâtrale qui ferait pâlir De Niro. Tu as le droit d'accueillir cette tristesse sans négocier « bon allez ok, juste une petite caresse » : non, ne tombe pas dans ça, reste fort.e ! Tu peux nommer ce qu'il ressent (« Tu es triste parce que tu en avais très envie »), lui laisser le temps de vivre son petit tsunami d'émotions puis l'inviter vers autre chose. Le « non » reste le même et seul le ton change.


Aller plus loin que « attention, ça mord »


La sécurité compte, évidemment. Mais si ta seule explication est « il pourrait te faire mal », l'enfant retient que la règle sert à le protéger lui. Devant un animal impressionnant, ça fonctionne mais devant un écureuil, un lapin ou un oiseau qui paraissent inoffensifs, là l'enfant peut complètement raisonner à l'envers : « Il est tout petit, il ne peut pas me faire mal, donc je peux le toucher. » La règle tombe d'elle-même et l'animal reste encore et toujours l'oublié de l'histoire.




Le piège du « chien méchant »

Cette explication crée aussi un autre problème, que j'ai vu de très près avec mon chien : celui du « chien méchant ». Mon chien est réactif, et Ô Seigneur, combien de fois ai-je vu des enfants arriver en courant, en criant, pour lui forcer une caresse.... Chihuahua ou staff, peu importe la taille et la carrure : un chien qui n'a pas envie d'être touché a peur ou il est stressé, et il le dit bien avant de mordre. Très malheureusement, on n'apprend presque jamais à lire ces signaux, ceux des chiens que tout le monde papouille à chaque détour de rue. Se lécher les babines, détourner la tête, bâiller hors de tout sommeil, se figer ou se détourner : ce sont des « signaux d'apaisement », décrits par la dresseuse Turid Rugaas, par lesquels le chien tente de calmer la situation. L'AVMA (l'association des vétérinaires américains) cite aussi la queue rentrée sous le ventre, le corps raide ou le chien qui se couche. Selon celles et ceux qui étudient ces signaux, une morsure survient souvent après toute une série d'avertissements ignorés, et pourtant, c'est tout le temps et tout de suite la faute du chien.


Heureusement, mon chien n'a jamais mordu. Toutes les fois où nous nous sommes fait insulter, lui et moi, parce qu'il ne voulait pas être caressé, j'ai eu envie d'ébouriffer le crâne des enfants en regardant la mère fixement avec un grand sourire et un « Alors tu vois, c'est agréable, non ? » »(Je me contente d'imaginer cette réponse hein, je n'ai jamais agressé d'enfants, promis).


Plus un chien est costaud et musclé, plus l'étiquette lui colle à la peau et il est souvent victime de son apparence : l'être humain a sélectionné les chiens pendant des siècles pour des fonctions précises (garde, chasse au terrier, combat), et leur corps s'est adapté à cette demande. Or l'AVMA rappelle que n'importe quel chien peut mordre, quelle que soit sa race, que son histoire individuelle, sa socialisation et son environnement comptent davantage et qu'il est très difficile de déterminer une race à l'œil nu (des chiens sont souvent classés « pit-bulls » à tort).


Gentil ou méchant : des mots d'humains

Cette histoire d'étiquette dépasse largement les chiens. Au Costa Rica, lors d'une visite guidée de nuit, un guide a répondu à une touriste qui lui demandait si le serpent qu'on observait était « gentil ou méchant » : « Les gentils et les méchants, ça n'existe que dans la Bible. » Cette phrase m'est tellement restée ! Et oui, on l'oublie, mais le bien et le mal sont des notions humaines et un animal agit selon ses propres raisons : manger, se protéger, protéger les siens.


Nos peurs entretiennent pourtant ces étiquettes : certaines (celle des serpents, des araignées, des requins) sont bien ancrées chez beaucoup d'entre nous et les médias s'y engouffrent avec joie et délectation : un cas isolé devient une vérité. Peter Benchley, l'auteur du roman Les Dents de la mer, a déclaré en 1995 qu'il ne pourrait plus l'écrire aujourd'hui et Steven Spielberg a carrément dit en 2022 à la BBC regretter l'impact du film sur les requins. Merci messieurs, mais c'est un peu tard ! Le sanglier qui traverse la ville en renversant les poubelles illustre bien cet écart entre l'image du monstre et la réalité. Je fais très régulièrement face à des arguments très impertinents concernant la régulation des sangliers de"Oh mais ils détruisent tout, ils sont dangereux" à "Mais Manon s'ils te voient, ils peuvent te charger et te tuer". J'ai croisé de très près des dizaines de sangliers dans ma vie : il ne s'est jamais rien passé. D'après les analyses sur le sujet, l'étalement urbain réduit leur habitat et la ville leur offre de la nourriture facile. Ils se retrouvent désorientés et un animal acculé peut charger, comme tout animal qui a peur.


Parler de sa vie plutôt que de ses dents

On peut donc parler de la vie de l'animal (et pas seulement de ses dents) :

« Il est occupé à chercher sa nourriture. On lui laisse de la place. » « Il n'a pas besoin d'être dangereux pour qu'on le laisse tranquille. » « Même si tu fais très doucement, il n'a peut-être pas envie qu'on le touche. ». J'insiste vraiment sur ce point : un petit lapin inoffensif qui se laisserait faire et un pitbull qui nous aboie dessus quand on s'approche méritent tous les deux la paix. Respecter un animal revient alors à reconnaître un individu avec ses propres besoins, qu'il soit minuscule et inoffensif ou costaud et impressionnant, et la peur de ses dents doit absolument sortir de l'équation.


Sauvage, de ferme ou de compagnie : on nuance


On ne parle pas de la même chose selon l'animal : un animal de compagnie ne signifie pas un feu vert à un lâcher de papouilles : le consentement compte aussi pour lui ! Les conséquences d'un contact imposé ne sont toutefois pas du même ordre selon les cas.



Un animal sauvage. Le contact peut le stresser, lui faire perdre sa méfiance et transmettre des maladies dans les deux sens. Pour les petits, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) rappelle que les faons et les lièvres sont cachés dans les herbes hautes et qu'il ne faut surtout pas les récupérer, ni même les toucher. Elle précise aussi, pour les oiseaux, que le fait de les toucher n'entraîne aucun rejet par les parents, car leur odorat est peu développé : une croyance qui tombe mais évidemment ça ne devient pas un feu vert pour autant !


Un animal de ferme (chèvre, poule, cheval). On demande d'abord à la personne qui s'en occupe, puis on se demande si l'animal, lui, a envie de notre compagnie. Une chèvre, une poule ou un cheval restent des individus avec leurs humeurs, leurs peurs et leurs préférences et non des peluches mises à disposition des enfants de passage. Ça, c'est aussi la petite base à rappeler aux enfants qui sont déjà assez grands pour l'intégrer ! Beaucoup d’animaux de ferme descendent d’espèces de proie : la chèvre du bouquetin, le mouton du mouflon, la vache de l’aurochs, la poule du coq bankiva, un oiseau des forêts d’Asie du Sud-Est.... et pendant des millénaires, les humains ont gardé et fait se reproduire les individus les plus dociles, ce qui a adouci leur caractère sans effacer leurs réflexes de survie. Or les proies sont souvent attaquées par-derrière ou par-dessus et être attrapée, soulevée ou serrée dans des bras ressemble beaucoup à ce que ferait un prédateur. Certains animaux fuient, d’autres se figent et un animal figé donne l’impression trompeuse d’être calme : un lapin tenu sur le dos peut « faire le mort », comme il le ferait après avoir été attrapé par un prédateur.


La Protection Suisse des Animaux (2021), dans ses recommandations pour les mini-zoos et fermes pédagogiques, demande que les animaux puissent s'isoler (au moins la moitié de l'enclos inaccessible au public) et que les visiteur·euses « attendent qu'ils viennent d'eux-mêmes et veuillent être caressés ». Avec un enfant, ça donne : « On s'assoit tout doucement, on attend, et si elle vient vers nous, on la caresse. Si elle s'éloigne, on la laisse partir. » Côté santé, le CDC (le centre américain de prévention des maladies) rappelle en complément que même des animaux propres et en bonne santé peuvent porter des germes et que les adultes doivent superviser le lavage des mains après tout contact.


Un chien ou un chat. On demande à la personne, puis on demande à l'animal, en lui laissant la possibilité de venir ou de partir. L'AVMA recommande d'apprendre aux enfants à demander la permission au "propriétaire" avant de caresser un chien et de ne jamais laisser un bébé ou un jeune enfant seul avec un chien. Le vrai apprentissage consiste à lire l'animal, et ça se transmet très bien en jeu : « S'il vient vers toi, qu'il a le corps relâché et qu'il te renifle, il dit peut-être oui. S'il détourne la tête, se lèche les babines, bâille, se fige ou s'éloigne, il dit "non merci". » La queue qui remue ne veut d'ailleurs pas toujours dire « viens, je suis content ! ». Pour vérifier, les éducateurs·rices canins proposent parfois ce test : si on ne sent pas le chien à l'aise avec notre interaction, une caresse très douce pendant trois secondes, puis on arrête les mains en l'air. S'il revient chercher la main, c'est un oui. S'il ne bouge pas ou s'il s'éloigne, c'est que l'envie n'y est pas. On stoppe tout ! L'adulte encadre la rencontre, car l'enfant n'a pas à interpréter seul le comportement de l'animal. D'ailleurs, il nous revient aussi d'apprendre à nos enfants à lire les signaux d'apaisement du chien, dont je parlais plus haut. Trop souvent, j'entends des parents demander « il est gentil, votre chien ? ». La question qui compte vraiment est « est-ce qu'il a envie d'être caressé ? ». Un chien peut envoyer tous les signaux de la terre pour dire qu'il n'en a pas envie et rester immobile, faute de pouvoir s'en aller. Laisser faire dans ce cas me semble peu responsable de la part des adultes.


Un serpent ou un autre reptile. Ça ne se caresse pas ! Le serpent n'a pas besoin de contact tactile comme un chien et ne cherche pas la compagnie humaine (un constat largement partagé par les spécialistes des reptiles). La RSPCA australienne explique que les reptiles « détestent généralement être soulevés » : beaucoup acceptent la manipulation, mais peu l'apprécient et c'est un événement stressant. Chez les pythons, des sifflements forts, des battements de langue plus fréquents ou une attaque signalent que ça ne va pas. L'association Born Free, qui déconseille le contact rapproché avec des reptiles captifs, rappelle que ces animaux sont très sensibles au toucher, aux vibrations et aux fortes odeurs (comme les parfums) et que ceux utilisés comme accessoires photo n'ont souvent aucun moyen de réguler leur température ou de se mettre à l'abri. À l'enfant qui demande « mais les serpents aiment les câlins ? », on peut répondre : « Imagine qu’un géant arrive derrière toi et te soulève dans ses mains sans te prévenir. Tu serais content ? Le serpent, c’est pareil, sauf qu’il ne peut pas te dire de le reposer. ». De mon côté j'ai tenté auprès de ma fille qui raffole des serpents : « Le serpent n’a pas de bras et il n’a jamais fait de câlin de sa vie. Quand il voit tes mains et tes bras il ne connaît pas et il a peur. ». Côté santé, le CDC recommande que les enfants de moins de 5 ans ne touchent ni les reptiles, ni les amphibiens, ni leur environnement, car ils portent souvent des Salmonella, y compris en bonne santé apparente.


« Mais il ne part pas ! »


Quand l'animal reste, il est tentant d'y lire une invitation. Pourtant, rester immobile ou tolérer notre présence ne permet pas de conclure qu'un animal souhaite être caressé. Il peut aussi être coincé, tétanisé ou en train de se demander si on est dangereux·ses. Un animal immobile est souvent un animal qui retient son souffle. Un vrai oui se reconnaît : il s'approche, il revient, il se détend.... sans ça, on sait seulement qu'il est là, rien de plus.



Pour que l'enfant comprenne, on peut chercher des parallèles dans son propre quotidien :

« Quand tu regardes quelque chose avec de grands yeux parce que tu es curieux·se, ça ne veut pas dire que tu veux qu'on te touche, non ? Lui aussi peut regarder sans vouloir de caresse. » Et pour ceux qui restent immobiles : « Tu sais quand un adulte que tu connais à peine se penche pour te faire un bisou et que tu restes tout raide, sans bouger ? Tu restes là, et pourtant tu n'en as pas envie. Lui aussi peut faire ça. ». Celui-ci pour l'avoir testé sur un enfant de 5 ans, ça lui a directement parlé, on va chercher dans une situation similaire qu'il connait bien et c'est efficace ! Une autre alternative que j'ai pu tester : « Quand tu as peur la nuit et que tu te caches sous ta couette en essayant de ne plus faire un bruit, tu te fais tout petit·e. Le faon dans l'herbe haute fait pareil : il ne bouge pas pour qu'on ne le voie pas, il attend sa maman. »


Pour les animaux sauvages, le repère est clair : on observe à distance, sans chercher le contact et sans les attirer avec de la nourriture. Il n y a pas de distance officielle valable pour tous les animaux et partout : on se renseigne donc au maximum pour chaque animal que l'on rencontre et on suit les consignes. Les parcs nationaux américains proposent un test simple qui marche aussi chez nous : si l'animal réagit à ta présence, tu es trop près. Quand le chevreuil arrête de brouter, redresse la tête et te fixe, quand le renard se fige ou s'éloigne, c'est le signal pour reculer. Du côté des insectes, l'OPIE (Office pour les insectes et leur environnement) nuance la légende des papillons : toucher leurs ailes ne les condamne pas forcément, puisque les écailles ne sont pas indispensables au vol, mais la perte de couleur peut les gêner pour être reconnus par leurs pairs et se reproduire, donc on préfère garder les mains dans les poches !


Les jumelles permettent de mieux voir sans avancer d'un pas et on évite de transformer l'absence de fuite en objectif à tester en s'approchant toujours davantage. Il existe d'ailleurs toute une panoplie pensée pour les enfants qui permet d'observer sans toucher ni déranger : jumelles adaptées aux petites mains, loupes de terrain pour regarder insectes, fleurs et traces sans rien prélever, carnets d'observation, guides d'identification, longues-vues pour se poser à distance et même des applications gratuites qui reconnaissent les chants d'oiseaux (BirdNET et mon chouchou Merlin Bird ID, développées par des laboratoires de recherche).


Proposer quelque chose de vraiment intéressant


« Ne touche pas » peut fermer une porte mais c'est à nous d'en ouvrir d'autres ! L'astuce consiste à donner à l'enfant un vrai rôle au-delà de "celui ou celle qui caresse" : éclaireur·se, détective, gardien·ne de l'animal. Un enfant qui se sent compétent et utile renonce bien plus facilement à toucher qu'un enfant à qui on a seulement dit non.


Pour regarder vraiment

  • « Tu as vu comment il utilise ses pattes ? »

  • « Qu'est-ce qu'il mange à ton avis ? »

  • « Tu crois qu'il nous a vus ? Qu'est-ce qui te le fait penser ? »

  • « Combien de temps il reste sans bouger ? On compte ensemble ? »

  • « Tu vois ce qui bouge en premier : sa tête, ses oreilles ou sa queue ? »


Pour valoriser l'enfant

  • « Tu as vu un truc que je n'avais pas vu, bravo ! »

  • « Tu as été super patient·e, c'est vraiment difficile d'attendre sans bouger. »

  • « Merci d'avoir laissé de la place : grâce à toi, il a pu rester tranquille. »

  • « Tu es en train de devenir spécialiste dis-donc ! »


Pour lui confier un rôle

  • « Tu es le gardien ou la gardienne de son espace. Tu me dis si on est trop près ? »

  • « C'est toi qui décides quand on s'arrête, tu me fais signe ? »

  • « Tu veux être le ou la chef·fe des jumelles ? Tu regardes en premier et tu me racontes. »


Pour se mettre à sa place

  • « À ton avis, qu'est-ce qu'il cherche ? Qu'est-ce qui pourrait lui faire peur ? »

  • « Il a l'air tranquille ou inquiet ? Comment tu le vois ? »

  • « Qu'est-ce qu'il ferait en ce moment si on n'était pas là ? »

  • « Comment tu penses savoir qu'il a peur ? Et comment tu sais qu'il est tranquille ? »

  • « À ton avis, il est content qu'on soit là ou il préférerait qu'on le laisse tranquille ? »

  • « Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour qu'il se sente en sécurité avec nous ? »

  • « Si tu pouvais lui dire une seule chose, tu lui dirais quoi ? »


    Ces questions restent des hypothèses et c'est ce qui en fait un jeu !


Pour garder une trace

  • « On pourra le dessiner après, avec tous les détails dont tu te souviens. »

  • « On le note dans notre carnet : ce qu'il mange, comment il bouge, ce qu'il fait quand un bruit arrive ? »

  • « Défi : on cherche une plume, une empreinte ou une crotte. À ton avis, c'est à qui ? »


Pour gérer la frustration

  • « C'est dur de ne pas toucher, hein ? Moi aussi, j'ai envie. On fait quoi à la place ? »

  • « Tu as le droit d'être déçu·e. On peut être déçu·e et rester gentil·le avec lui. »

  • « Qu'est-ce que tu pourrais lui dire, tout bas, à la place de le toucher ? »

  • « Je comprends, moi aussi j'ai envie de lui faire un câlin... tu veux me prendre la main à la place ? Elle est là pour ça. Et on peut aussi se prendre dans les bras si on veut donner un câlin ! » (celle-ci marche bien aussi même si je me suis fait parfois jeter).


L'animal devient quelqu'un à découvrir, avec ses mouvements, ses occupations et sa manière d'habiter cet endroit. Il se passe beaucoup de choses quand on lui laisse la possibilité de continuer sa vie et il me paraît fondamental de l'enseigner à nos enfants. D'ailleurs, de toute évidence, il s'agit réellement d'aller plus loin que l'approche écosystémique : "prendre soin des individus, c'est prendre soin d'un écosystème, l'inverse n'est pas vrai". L'une de mes priorités c'est de faire comprendre l'individualité d'un animal : chaque chevreuil est différent, comme chaque petit garçon est différent, chaque mésange bleue, chaque blaireau, chaque écureuil est différent aussi. Chez les mésanges charbonnières, des chercheur·euses ont décrit des « explorateurs rapides » et des « explorateurs lents » (Van Overveld et Matthysen, 2013). C'est ça qu'il faut faire comprendre à l'enfant : « Oh, celui-ci est plus timide. Celui-là fait ceci, celui-là fait cela. » On n'a que notre grille de lecture humaine, alors autant s'en servir pour développer l'empathie, sans oublier que l'animal vit selon ses propres codes et sans tomber à corps perdu dans l'anthropocentrisme.


L'observation reste brève et adaptée à la situation, sans suivre l'animal pour terminer l'activité. Et s'il s'en va : « Il est parti. On le laisse continuer. Tu as vu comme il se déplaçait ? » La rencontre peut avoir une fin sans être ratée. On peut aussi inventer la suite de sa journée selon la saison, en se rappelant que ce sont des hypothèses : au printemps, il retrouve peut-être ses petits ; à l'automne, il fait ses réserves avant l'hiver ; sous la pluie, il se met à l'abri ; en fin de journée, il rentre à son terrier ou il part chasser. Ça donne à l'enfant l'image d'une vie qui continue ailleurs, sans nous.


Et quand un adulte propose de le toucher ?


En vacances, la consigne peut devenir franchement confuse : tu expliques qu'on laisse les animaux tranquilles et un joyeux luron te propose une photo avec un singe dans les bras. Voici le moment le plus déstabilisant pour un enfant : la règle que tu viens de poser se heurte à un adulte souriant qui dit exactement le contraire. Le gérant du gîte qui tend le lapin, le soigneur de zoo qui te propose de donner à manger à la girafe, le guide qui propose la photo avec le bébé animal. Ton enfant entend deux messages opposés et le deuxième arrive avec un grand sourire, parfois un gilet, un badge et l'argument qui me donne envie de gerber : « Il est gentil ! »



C'est à toi de trancher et ton enfant n'a pas à contredire l'adulte ni à se sentir coupable de renoncer. Ton rôle consiste à porter la décision à sa place avec des mots tout bêtes en parlant au nom du « nous » : « Ici, on nous propose de le porter. Nous, on choisit de ne pas le faire. On peut s'intéresser à lui sans le prendre dans nos bras. ».


Pour t'aider à trancher sur le moment, une seule question suffit en général : « A-t-il un endroit où se cacher de nous ? » Un animal qui peut s'éloigner et disparaître à sa guise est un animal qui peut dire non. S'il est au contraire enfermé dans un enclos où il reste exposé en permanence, le fait qu'il s'approche de toi ne prouve rien, car il n'a nulle part ailleurs où aller. Et pour que l'enfant le ressente "dans son corps" : « Tu te rappelles la fête de famille, quand tous les adultes veulent te faire un câlin à tour de rôle et que tu ne peux pas partir ? Si tu avais pu te cacher sous la table, tu l'aurais fait, non ? » À un enfant plus grand, tu peux confier un vrai rôle : « Si on te propose de prendre un animal sauvage dans les bras, ça ne veut pas dire que c'est une bonne idée pour lui. Tu peux être celui ou celle qui pose les bonnes questions : où vit-il quand il n'y a pas de visiteurs ? Peut-il s'éloigner s'il en a envie ? On va les poser ensemble ? ».


Voici de quoi répondre selon ce qu'on te propose : « Merci, on préfère le regarder. », « Désolée, chez nous le règlement intérieur est très strict : on ne touche que ceux qui ont dit oui ! ». Quand l'adulte insiste : « C'est gentil, mais c'est non. Belle journée à vous ! » Le principe du disque rayé fonctionne bien... toujours la même phrase, avec le même sourire, autant de fois que nécessaire ! Allez courage !


Quand l'animal est déjà dans les bras de ton enfant


Ça va vite : tu as à peine le temps de dire ouf que le lapin est déjà posé sur les genoux de ta fille. Reste calme et ne gronde personne, ni l'adulte ni l'enfant. Tu peux dire : « Merci, on va le rendre. » Puis, avec ta voix la plus douce : « On le repose tout doucement, avec les deux mains et on lui dit merci beaucoup, au revoir ! ». Et si ton enfant a l'air de s'en vouloir : « Tu ne savais pas, et maintenant tu sais. La prochaine fois, on fera autrement. »


Quand l'enfant demande : « Et si on le libérait ? »


À force d'échanges et de questionnements avec eux, certains enfants arrivent à une conclusion qui me serre la gorge et me fait gonfler le coeur. Devant l'éléphant enchaîné, le dromadaire du cirque attaché dehors ou les petits rats de Jardiland, ils comprennent que des humains ont décidé à la place de l'animal où il vivrait et comment il passerait ses journées et ils demandent : « Mais alors, pourquoi on ne le libère pas ? » Cette question me fait tellement mal dans la bouche d'un enfant ( bon et elle me rend aussi un peu fière, parce qu'elle prouve que le message est passé et même plus loin que prévu !). Il vient de formuler seul·e ce que beaucoup d'adultes mettent des années à admettre : un animal mériterait de vivre sa vie, avec ses propres choix. Bravo petit humain ! Tu as déjà plus de neurones que Jean-Michel Barbecue, 54 ans, qui répond « Moi aussi, j'aime bien les animaux, surtout bien cuits », en retournant sa côte de bœuf.


Cette question ne mérite ni un "c'est compliqué" ni un "c'est comme ça". Je pense qu'elle mérite qu'on donne raison à l'enfant sur le fond avant de lui expliquer honnêtement pourquoi on ne peut pas ouvrir la porte nous-mêmes. Si tu ne connais pas toutes les réponses (moi non plus, je ne les ai pas toutes), tu peux le dire : « Je ne sais pas tout, on cherchera ensemble. »


Quelques pistes avec quelques réponses que j'ai pu tester :


Pour les 6-7 ans :

  • « Tu te poses une très bonne question. Oui, moi aussi je pense qu'il serait mieux dehors, libre. »

  • « Tu as tout à fait raison, ce n'est pas juste pour lui d'être attaché. »

  • « Je pense que ce que tu dis est très intéressant, mais il a toujours été nourri par des humains alors si on ouvre la porte d'un coup, il ne saurait peut-être pas trouver à manger et il aurait très peur. C'est comme si on te déposait tout·e seul·e au milieu d'une forêt, malheureusement il ne sait pas vivre tout seul. »

  • « Je suis d'accord avec toi ! Il en a peut-être un peu marre des humains, alors on évite d'en rajouter : on ne le touche pas, on ne monte pas dessus, on le regarde de loin. »


Pour les 8-10 ans, on peut ajouter :

  • « Beaucoup d'animaux qui ont grandi avec des humains n'ont jamais appris à chasser, à se cacher ou à se défendre. Les remettre dehors sans préparation peut les mettre en danger »

  • « Il existe des gens dont le métier est de soigner des animaux sauvages blessés et de les remettre dehors quand ils sont capables de se débrouiller. Pour les animaux qui ne peuvent plus partir, certains lieux essaient de leur offrir plus de place et plus de calme, même si tu as raison, ce serait mieux qu'il soit libre. »

  • « Moi aussi j'aimerais lui rendre sa liberté, mais ce n'est pas à nous de prendre la décision : alors qu'est-ce qu'on peut faire, nous ? Par exemple ne pas payer pour la balade, ne pas acheter la photo et raconter autour de nous ce qu'on a compris. Quand beaucoup de gens font ça, il y a plus de personnes qui respectent les animaux et moins de personnes qui se permettent d'enfermer des animaux. »


Terminer sur ce qu'on peut faire compte autant que le reste : un enfant qui repart avec sa tristesse et un petit pouvoir d'agir s'en sort mieux qu'un enfant qui repart avec la tristesse toute seule. Je suis toujours d'avis d'émerveiller, de sensibiliser et de faire passer à l'action ! Et tu peux lui dire que ce chagrin qu'il ressent s'appelle de l'empathie, ça a l'air triste comme ça mais c'est cool ! Elle lui servira toute sa vie, même si elle fait mal sur le moment, encore une fois il aura compris en quatre secondes ce que l’oncle Gérard appelle "les histoires de bobos" depuis 1987.


Montrer l'exemple


Il sera difficile d'expliquer qu'on laisse de l'espace si nous avançons ensuite de trois mètres pour améliorer notre photo. Pas de passe-droit diplomatique pour les photographes, désolée ! On peut aussi verbaliser ses propres choix : « Moi aussi, j'aimerais le voir de plus près, mais je sais que c'est mieux de ne pas le perturber ».



On peut chercher des parallèles dans le quotidien de l'enfant : « Quand tu joues tout·e seul·e dans ton coin et que tu ne veux pas qu'on vienne te déranger, tu aimes qu'on respecte ça, non ? Lui, c'est pareil. » Chez nous, quand je tends les bras pour un câlin et que ma fille me recale, je n'insiste pas et heureusement (au secours, ma blessure de rejet et d'abandon !). Elle a le droit de dire non et les animaux aussi.


Et si nous avons fait autrement auparavant, on peut le dire simplement : « Avant, je ne savais pas que ça dérangeait les animaux. Maintenant je le sais, alors je fais autrement. Même les grandes personnes apprennent des choses en grandissant. » L'enfant découvre ainsi qu'on a le droit d'apprendre, de changer d'avis et de renoncer à une envie sans perdre la joie de la rencontre.


Des phrases toutes faites à dire à ton enfant


Voici de quoi répondre sans chercher tes mots devant l'animal et devant ta progéniture avec des phrases qu'un enfant de 5 ou 6 ans comprend sans effort. Garde celles qui te ressemblent et change les mots à ta façon, parce qu'une phrase dite avec tes mots passe toujours mieux qu'une phrase récitée bien évidemment. Et je suis aussi preneuse de tes phrases à toi !



Quand il a très envie de le toucher

  • « Je vois que tu as l'air de beaucoup l'aimer ça se voit dans tes yeux ! »

  • « Si tu l'aimes très fort alors je te propose de le regarder très longtemps. »

  • « Tu peux utiliser tes yeux, tu peux les ouvrir aussi grands que tu le peux et on garde les mains dans les poches. »

  • « Tu veux lui dire bonjour ? Alors on lui dit bonjour de loin avec un petit signe de la main. »

  • « Chaque animal vit le monde à sa façon : les mouches goûtent avec leurs pieds et les sauterelles entendent avec leurs pattes. Et lui, qu'est-ce qu'il sent, à ton avis ? »

  • « Les grands scientifiques regardent souvent pendant des heures avant de s'approcher. Tu veux essayer d'être un·e scientifique ? »

  • « C'est normal d'en avoir envie : ça veut dire que tu as du cœur. C'est super ! »

  • « Pour les câlins, il y a papa, maman et doudou. Lui, on le regarde. » (que je sors H24 à la chair de ma chair).


Quand il demande pourquoi

  • « Il ne te connaît pas encore, comme toi avec une personne que tu viens de rencontrer.»

  • « Il a peur qu'on l'attrape, comme toi quand quelqu'un te câline sans te prévenir. »

  • « Quand un animal ne bouge plus, il a parfois très peur. C'est comme toi sous la couette quand tu essaies de ne plus faire de bruit. »

  • « Même s'il est tout petit et très doux, il a le droit d'être tranquille. »

  • « Toi aussi, tu es un animal ! Et toi non plus, tu n'aimes pas qu'on te touche quand tu n'en as pas envie. »


Devant un animal sauvage

  • « Ici, c'est chez lui, nous sommes ses invité·es. »

  • « Regarde, il cherche à manger. On lui laisse de la place pour l'heure de son repas. »

  • « S'il arrête de manger et qu'il nous regarde, on recule d'un pas. »

  • « Le petit caché dans l'herbe n'est pas perdu, sa maman revient plus tard. »

  • « La Terre, c'est une grande colocation. Chaque animal a sa chambre, et on frappe avant d'entrer. »

  • « Reste immobile comme un arbre ! »

  • « On parle tout bas : pour beaucoup d'animaux sauvages, une voix humaine fait encore plus peur qu'un lion qui rugit. »

  • « Chaque animal a sa personnalité, comme toi et tes copain·es : il y en a des timides et des plus joueurs. Lui, tu le trouves plutôt comment ? »

  • Animal sauvage apprivoisé : (éléphant, singe, tigre) :« Les éléphants vivent normalement dehors, en grande famille… Il a appris à rester près des gens mais dans son corps il reste un animal de la nature, il préfère sûrement qu'on le regarde plutôt que d'être touché. »


Devant un animal de ferme

  • « On va demander d'abord à la personne qui s'occupe de lui. »

  • « On s'assoit tout doucement et on attend. S'il vient vers nous, on le caresse. S'il s'éloigne, on le laisse partir. »

  • « On marche doucement et on parle bas, comme ça il a moins peur. »

  • « Oh mais lui aussi il doit avoir un nom ! Demande-le à la personne qui s'occupe de lui. »

  • « Peut-être qu'il préfère qu'on s'assoie par terre à côté de lui et qu'on le laisse venir.»


Devant un chien ou un chat

  • « On demande à la personne, puis on demande au chien. »

  • « S'il vient vers toi, qu'il est détendu et qu'il te renifle, il dit peut-être oui. »

  • « S'il détourne la tête, se lèche les babines, bâille ou s'éloigne, il dit "non merci". »

  • « Un chien qui bâille alors qu'il n'est pas fatigué essaie de nous dire qu'il est mal à l'aise, il ne veut pas faire dodo, il veut être tranquille ! »

  • « Un chien qui dort ou qui mange, on le laisse tranquille. »

  • « S'il grogne, il nous prévient gentiment. On recule doucement et on dit merci. »

  • « On caresse un tout petit moment, puis on arrête et on regarde. S'il revient vers nous, il en veut encore. S'il s'en va, c'est fini. »

  • « On caresse son épaule ou sa poitrine plutôt que le dessus de sa tête, c'est souvent plus agréable pour lui. »

  • « S'il se secoue comme s'il sortait de l'eau, il évacue son stress. C'est sa façon de dire "je veux passer à autre chose". »


Quand il est triste ou qu'il insiste

  • « Tu aurais tellement voulu, je comprends que ce soit dur. »

  • « Et si on le dessinait ? Ou on le regarde avec les jumelles ? »

  • « Tu peux l'aimer très fort mais il faut aussi le respecter. »

  • « Tu veux un câlin de moi pendant qu'on le regarde ? »

  • « Les gens qui savent regarder sans toucher sont très respectueux. Bravo tu te comportes comme un grand !. »


Quand la rencontre est finie

  • « Regarde, il a continué à manger tranquillement. C'est super ! »

  • « On a regardé sans déranger, c'est du beau travail ! »

  • « Encore cinq minutes à le regarder et ensuite on lui dit au revoir. »

  • « On a eu de la chance de pouvoir l'admirer ! Allez, c'est toi qui choisis comment on lui dit au revoir : un signe de la main ou on envoie un baiser ? »

  • « Ce soir, on cherche son nom dans un livre et on apprend un secret sur lui. »


Sources LPO (Ligue pour la protection des oiseaux), Nourrir les oiseaux de son jardin en hiver : https://www.lpo.fr/qui-sommes-nous/toutes-nos-actualites/articles/actus-2026/nourrir-les-oiseaux-de-son-jardin-en-hiver LPO, Secourir un animal sauvage : https://www.lpo.fr/la-lpo-en-actions/agir-pour-la-faune-en-detresse/secourir-un-animal-sauvage OPIE (Office pour les insectes et leur environnement), Est-il vrai que toucher les ailes d'un papillon le condamne ? : https://insectes.org/faq/est-il-vrai-que-toucher-les-ailes-dun-papillon-le-condamne/ AVMA (American Veterinary Medical Association), Preventing dog bites : https://www.avma.org/resources-tools/pet-owners/dog-bite-prevention AVMA, Why breed-specific legislation is not the answer : https://www.avma.org/resources-tools/pet-owners/dog-bite-prevention/why-breed-specific-legislation-not-answer CDC, Farm Animals : https://www.cdc.gov/healthy-pets/about/farm-animals.html CDC, Tips for Staying Healthy at Animal Exhibits : https://www.cdc.gov/healthy-pets/about/staying-healthy-at-animal-exhibits.html CDC, Salmonella Outbreaks Linked to Geckos : https://www.cdc.gov/salmonella/outbreaks/muenchen-03-25/index.html Rugaas, T., Les signaux d'apaisement : les bases de la communication canine (édition française, 2010). Brosnan, S. F. & de Waal, F. B. M. (2003). Monkeys reject unequal pay. Nature, 425, 297-299. Bartal, I. B.-A., Decety, J. & Mason, P. (2011). Empathy and pro-social behavior in rats. Science, 334, 1427-1430. Van Overveld, T. & Matthysen, E. (2013). Personality and information gathering in free-ranging great tits. PLoS ONE, 8(2). Popular Science, Jaws creators regretted making sharks the monsters : https://www.popsci.com/environment/jaws-sharks-attack/ Sciencepost, Pourquoi des sangliers envahissent les grandes villes ? : https://sciencepost.fr/pourquoi-des-sangliers-envahissent-les-grandes-villes/ National Park Service (États-Unis), I Didn't Know That! Leave No Trace Principle #6 : Respect Wildlife : https://www.nps.gov/articles/000/idkt_lnt6.htm

Ces ressources étayent les repères d'observation et de sécurité. Les dialogues proposés sont des suggestions éditoriales ANIMA, sans prétention à constituer un protocole pédagogique validé.


Avec ANIMA, les rencontres animales se vivent à distance respectueuse, avec le temps de regarder vraiment. Pour qui voyage avec un·e enfant, c'est souvent là que les plus beaux souvenirs commencent !

 
 
 

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