Les animaux de travail ont-ils droit à une retraite
- Manon Lola Chauvin

- il y a 4 jours
- 13 min de lecture
C'est une question qui concerne des centaines de milliers d'animaux et dont on ne parle pratiquement jamais. Ce silence n'a malheureusement rien d'un hasard... tant que personne ne pose la question, personne n'a à y répondre.
On parle beaucoup des conditions de vie des animaux pendant qu'ils "travaillent" pour le tourisme : les chevaux de calèche, les chiens de traîneau, les balades à dos d'éléphants, les ânes, les dromadaires et tutti quanti. Enfin, "travaillent".... Le mot est joli et suppose un contrat, un salaire, un droit de retrait. Et pourtant aucun d'entre eux n'a signé quoi que ce soit ni négocié ses horaires, mais bon, on va faire comme si.

On s'indigne, à juste titre, des obligations, des cadences, mauvais traitements et autres tortures banalisées mais on ne se demande presque jamais ce qui leur arrive après. Quand ils sont trop vieux, trop lents, trop abîmés pour rapporter de l'argent. Et pourtant, c'est certainement l'un des moments de leur vie où ils sont les plus vulnérables.
Je me suis posé la question assez tôt, suite à un événement qui m'a marquée. J'avais 8 ans et je réclamais un chien depuis des années avec une constance et un sens du chantage assez insupportable pour mon âge.
Jane est arrivée. C'était une femelle reproductrice d'élevage, elle avait six ans et elle ne servait plus à rien : son âge optimal pour enchaîner les portées était atteint. En prime, l'éleveur la trouvait décevante, "trop frêle" (d'où son nom, Jane Birkin, super, ça roule). Il fallait donc s'en débarrasser rapidement.
Et c'est là que la question m'est venue avec toute la brutalité de l'enfance : sinon quoi ? Que serait-il arrivé à Jane si personne ne l'avait prise ? La réponse, je l'ai comprise plus tard : le sort d'une reproductrice réformée dépend entièrement de la bonne volonté de son éleveur mais à cette époque certaines étaient euthanasiées pour convenance, tout simplement parce qu'elles coûtaient sans rapporter. D'autres encore sont abandonnées, ce qui explique le nombre de femelles adultes qu'on retrouve chaque année en refuge.
C'est un peu violent de réaliser ça quand on est enfant et ça a viré à l'obsession chez moi. J'ai commencé à voir cette catégorie partout : les poules pondeuses réformées à 18 mois quand elles peuvent en vivre dix, les vaches laitières abattues vers cinq ans pour une espérance de vie de vingt, les chiens de chasse dont on se sépare quand ils courent moins vite, les lévriers de course, les chevaux de club en fin de carrière. Bref, partout la même logique en fait : trop vieux alors ça dégage.
Des milliers d'animaux, une industrie invisible
Rien qu'un exemple, celui de la Laponie, destination idyllique des fêtes de fin d'année. Plus de 5 000 animaux y contribuent au rayonnement touristique : huskies, chevaux, rennes. (30 Millions d'Amis.) Alors si on ajoute les calèches de toutes les villes touristiques d'Europe, les ânes des sentiers escarpés, les dromadaires des déserts, les éléphants d'Asie, les chevaux des promenades en bord de mer, les poneys des fêtes foraines, les chevaux de course reconvertis ou non, les grands félins des spectacles... tu obtiens une population immense d'animaux dont la vie entière est organisée autour de notre plaisir, encore et toujours.
Ces animaux ont une carrière, au sens le plus littéral : un début, un pic de rentabilité et une fin. Le problème, c'est que dans beaucoup de structures, cette fin n'a jamais été réfléchie, anticipée et encore moins pensée. La fin de carrière des animaux est laissée au hasard, ou pire, résolue de la manière la plus économique qui soit. Parce que le pognon, messieurs dames, ça triomphera toujours.
La question qu'on n'ose pas poser
Alors posons la question : que devient un husky qui ne peut plus tirer ? Un cheval de calèche arthrosique ? Un âne dont les pattes ont lâché ?
Pour l'éléphant, ce n'est pas tellement l'âge le problème, puisqu'ils vivent soixante à soixante-dix ans et travaillent souvent jusqu'au bout. Ce qui les met hors circuit, ce sont les blessures et l'usure : les lésions du dos causées par des années de portage, les problèmes de pattes et d'articulations, les abcès chroniques dus aux entraves... Un éléphant devient "inutilisable" bien avant d'être vieux.
Et il faut absolument ajouter les animaux de cirque, parce que le cirque avec animaux, c'est du tourisme. En France, la loi de novembre 2021 interdit la détention d'animaux sauvages dans les cirques itinérants à partir de 2028. Très bien. Sauf que la question du devenir de ces animaux, une fois retirés du spectacle, reste largement en suspens : les places en sanctuaire sont rares, coûteuses, et beaucoup de ces individus sont nés en captivité et inaptes à toute autre vie.
Les réponses vont du meilleur au pire... enfin souvent au pire. Certains sont recueillis, adoptés, placés dans des structures de retraite ou des sanctuaires et finissent leur vie tranquillement sans qu'on exige quoi que ce soit d'eux. D'autres sont revendus à des structures qui font beaucoup moins attention à leur état : des exploitants qui les feront travailler jusqu'à l'épuisement, dans des conditions encore plus dures et avec encore moins de soins, parce qu'un animal acheté d'occasion et déjà usé ne représente plus un investissement qu'on protège.
D'autres encore sont euthanasiés, non pas pour abréger une souffrance, mais parce qu'ils coûtent sans plus rien rapporter. Un animal de travail non rentable devient une charge et dans une logique purement comptable, on supprime les charges.
C'est ça, la réalité économique que le mot "retraite" met en lumière. Un animal de travail n'a aucun droit à l'après. Tant qu'il rapporte de l'argent, il vaut quelque chose. Le jour où il n'en rapporte plus, plus rien ne le protège. Sa valeur n'a jamais tenu à lui, elle tenait à ce qu'il produisait.
Ce qui se passe quand une industrie entière ferme les yeux
Si on veux mesurer l'ampleur que ça peut prendre, il faut regarder du côté des courses hippiques. J'ai vécu à côté de l'un des plus gros hippodromes d'Australie et une amie qui y travaillait en est ressortie traumatisée. C'est elle qui m'a appris qu'un cheval blessé, même pour une entorse ou une cheville abîmée qui rendait la reprise trop compliquée, pouvait être euthanasié sur place.
En octobre 2019, alors que je vivais toujours sur place, la chaîne publique australienne ABC a diffusé les résultats de deux ans d'enquête et le pays a découvert l'ampleur du système. Dans un seul abattoir au nord de Brisbane 300 chevaux ont été abattus en vingt-deux jours. La Coalition pour la protection des chevaux de course avance le chiffre de 500 chevaux tués par mois dans ce seul établissement. Les images en caméra cachée montraient des employés frappant les animaux. L'industrie affirmait que moins de 1 % finissaient à l'abattoir alors que Paul McGreevy, professeur de sciences du comportement animal à l'université de Sydney et spécialiste des pur-sang depuis vingt-cinq ans, estime lui qu'environ 4 000 chevaux "disparaissent" chaque année. Sa formule à ABC : "nous parlons de la destruction d'animaux à une échelle industrielle."
La viande partait vers l'Europe, le Japon et la Russie. Les journalistes ont pu identifier certains animaux abattus en croisant les images avec le registre officiel du secteur hippique. Des chevaux qui avaient rapporté des millions.
Non, ce n'est pas de l'anthropomorphisme
Alors on m'a déjà lâché que parler de retraite pour un animal, c'est de l'anthropomorphisme. Peut-être mais très franchement, du fond de mes tripes, je ne crois pas et il n'y a aucun doute pour que ce soit le bon mot à employer.

Une retraite, dans nos sociétés, ce n'est pas juste "arrêter de travailler". C'est la reconnaissance qu'un être a donné quelque chose et que la collectivité lui doit un après digne. C'est un droit acquis par le travail fourni. Or, si on reconnaît qu'un animal travaille (et c'est bien le mot qu'on emploie : "animaux de travail", "animaux de trait"), alors la question de ce qu'on lui doit ensuite se pose logiquement. On ne peut pas parler de travail pour justifier son utilisation et refuser d'en tirer les conséquences quand il n'est plus utilisable.
Si on sort un peu du tourisme, prends le cas des chiens qui travaillent toute leur vie. Les chiens policiers, les chiens de détection, les chiens de sauvetage, les chiens guides. On ne parle pas d'un 35 heures par semaine avec RTT : ils bossent, ils prennent des risques, ils servent des intérêts strictement humains. Est-ce qu'eux ont droit à une retraite ? La moindre des choses serait de leur accorder la paix à un moment donné et heureusement, c'est de plus en plus le cas, avec des filières d'adoption organisées.
Le contrat qu'on n'a jamais signé avec eux
Et là je vais pousser un cran plus loin sur un récit très répandu : celui de la domestication comme échange équitable. On nous explique que l'animal domestique a passé un marché avec nous. Il nous donne sa force, son lait, sa compagnie, son dos, ses portées, ses journées, sa vie entière... et en échange nous lui offrons la nourriture, l'abri, la protection. Un contrat gagnant-gagnant qu'il s'agirait de regarder en face en fait.
Parce que ce contrat, personne ne le lui a soumis : évidemment c'est un accord unilatéral, établi par des humains et pour des humains et dont les termes ont été fixés sur des générations par sélection génétique, précisément pour obtenir des individus plus dociles et plus productifs. En quelque sorte on peut résumer en affirmant qu'on a fabriqué le cocontractant avant de lui faire signer.
Et la conséquence de ce raisonnement, quand on la déroule jusqu'au bout, est fort dégueulasse : on inflige à ces animaux une existence entièrement contrainte, puis on instrumentalise cette contrainte même pour justifier ce qu'on leur fait ensuite. On les rend dépendants et on se sert ensuite de cette dépendance qu'on a créée comme d'un argument. C'est le serpent qui se mord la queue...
Et pour ceux qui ne sont même pas domestiques
Petite précision qui a son importance : tout ça vaut pour les chevaux, les ânes, les chiens et les dromadaires, qui sont bel et bien des espèces domestiques. Mais une bonne partie des animaux qui "travaillent" dans le tourisme ne le sont pas du tout.
L'éléphant d'Asie, par exemple, n'est pas une espèce domestiquée. Chaque individu utilisé dans le tourisme est soit capturé, soit né en captivité de parents eux-mêmes captifs, puis brisé individuellement pour devenir maniable. Idem pour les grands félins des spectacles, pour les dauphins des delphinariums, pour les singes des attractions.
Et là, il n'y a même plus de contrat à discuter, fût-il unilatéral. Il n'y a rien du tout ! Aucun récit d'échange, aucune histoire de coévolution, aucune fiction de partenariat. Juste une prise de possession et un animal qu'on a dressé un par un pour qu'il accepte ce qu'aucun membre de son espèce n'accepterait spontanément.
Et c'est bien là le fond du problème, celui qui traverse tout cet article : à partir du moment où un animal est détenu par un humain, on finira toujours par lui demander d'être rentable. Sa vieillesse ne sera jamais évaluée à l'aune de ses besoins à lui, mais de ce qu'il coûte à celui qui le possède. Domestique ou sauvage, monté ou attelé, cette logique ne varie pas.
Comme le formule Victor Duran-le Peuch (qu'on adore et qu'on embrasse au passage), donner la vie n'implique ni le droit de disposer de celle-ci, ni celui d'en décider la fin. (« En finir avec les idées fausses sur l'antispécisme ».) Cette phrase vaut pour les chevaux de calèche, pour les chiens de traîneau, pour les éléphants de camps. Nous les avons fait naître pour travailler. Ça ne nous donne aucun titre de propriété sur leur vieillesse ! Mais la question de la retraite devient dérangeante parce qu'elle oblige à admettre que ces animaux ont une existence qui leur appartient. Tiens donc ! Une existence qui a de la valeur en elle-même et pas seulement tant qu'elle nous rapporte quelque chose.
Ce qui se fait déjà et qui marche
Bon heureusement des choses existent et prouvent que c'est possible.
Des scientifiques ont élaboré un manuel de bonnes pratiques pour le tourisme animalier en Laponie et l'une de leurs recommandations centrales est précisément celle-ci : que les entreprises locales anticipent l'avenir de leurs animaux, en adoptant une politique "zéro euthanasie" et en leur assurant une vraie retraite, soit dans un foyer, soit dans un sanctuaire.

En France, plusieurs structures se consacrent à cette question, et si tu veux te renseigner, adopter, parrainer ou simplement soutenir, en voici quelques-unes :
Au-delà des Pistes est probablement la plus connue pour la reconversion des chevaux de course, avec tout un réseau d'écuries référencées partout en France. La Réserve, association reconnue d'intérêt général, recueille chevaux, poneys, ânes et mules en difficulté. Pataclop, dans le Loiret, s'est donné pour mission de récupérer précisément les chevaux dont personne ne veut : les vieux, les malades, les handicapés. Le Repos des Hugogos, en Alsace, œuvre depuis 1997 pour offrir une fin de vie décente aux chevaux et poneys de club, via des familles d'accueil. Équilibre Cavalcade dans les Alpes-Maritimes, Le Licol Blanc dans les Deux-Sèvres, Le Refuge de la Cavalière dans la Nièvre et la plateforme ChevalASauver qui centralise les annonces d'adoption partout en France.
Ça existe et ça fonctionne mais une retraite animale, ça coûte cher et pour l'instant ce sont presque toujours des bénévoles et des donateurs qui règlent la facture, jamais ceux qui ont profité de l'animal. Tiens donc, mais quelle surprise !
Nous prenez pas notre retraite
Une retraite animale a un coût, souvent élevé et sur de longues années. Un cheval peut vivre trente ans, un éléphant soixante. Alors qui finance ces décennies improductives ?
La réponse est presque toujours : personne ou alors des associations qui se démènent avec des dons. L'entreprise qui a exploité l'animal pendant quinze ans se débarrasse du problème au moment où il devient coûteux et externalise la charge sur la solidarité militante. Oui ça fait gerber.
Concrètement, ça veut dire que l'exploitant a encaissé tous les bénéfices pendant les années rentables et qu'au moment de payer la note, il la refile à des bénévoles qui, eux, n'ont jamais gagné un centime sur le dos de cet animal. Les profits pour une seule personne, les frais pour tout le monde. Pourtant une solution d'une logique implacable existe bel et bien ! Intégrer le coût de la retraite dans le prix de la prestation. Et oui, si la balade en traîneau ou en calèche incluait, dès le départ, une part destinée à financer l'après de l'animal, le problème serait résolu à la source. Ce serait un peu plus cher, ok mais ce serait tellement plus juste.
Alors on fait quoi ?
Je vais être très claire sur ma position, parce que je ne voudrais pas qu'on se méprenne : je ne propose pas ce genre de prestations et je ne les recommande à personne.
La réponse la plus simple à toutes les questions posées dans cet article, c'est de ne pas y aller. Pas de balade à dos d'éléphant, pas de calèche touristique, pas de spectacle avec des fauves, pas de photo avec un animal qu'on t'amène.
Aucune amélioration ne réglera jamais le problème de fond. Même si on peut améliorer les conditions, réduire les cadences, allonger les pauses... tant qu'un animal est détenu pour nous servir, sa vieillesse restera une charge à supprimer. C'est structurel, je ne vous l'apprends pas j'imagine...
C'est précisément pour ça que je construis des voyages autour de l'animal libre. Un animal qui ne nous doit rien, qui n'a pas de carrière et dont la retraite ne pose aucune question puisqu'il n'a jamais travaillé pour nous. Il vieillit dans son territoire, à son rythme, sans que personne ne calcule ce qu'il coûte.
Et si tu y vas quand même
Parce que je sais bien que tout le monde ne fera pas ce choix du jour au lendemain et que certains lieux méritent d'être distingués des autres. Alors avant de réserver une activité impliquant des animaux de travail, une seule question suffit à révéler pas mal de choses : "que deviennent vos animaux quand ils ne peuvent plus travailler ?"
Une structure qui a réfléchi à la question te répondra précisément : elle a un partenariat avec un sanctuaire, elle garde ses animaux jusqu'au bout, elle organise des adoptions encadrées, elle applique une politique zéro euthanasie... Une structure qui n'y a jamais pensé restera vague ou s'agacera. NEXT !
Comme le rappellent les spécialistes, c'est aux touristes d'interroger et aux voyagistes d'auditer ces pratiques. Tant que personne ne demande, personne ne s'organise... le jour où cette question devient systématique, les structures devront y répondre.
Le petit âne gris qu'on laisse crever au bord du chemin
Il y a une chanson de Hugues Aufray qui m'a traumatisée enfant, on la chantait à l'école et je crois que beaucoup de gens de ma génération pourraient dire la même chose. Le petit âne gris travaille toute sa vie, porte, tire, obéit, et finit par s'effondrer sur le chemin, épuisé, pendant que la vie continue sans lui.
Cette chanson dit tout de notre rapport aux animaux en général. Tant qu'un animal produit, on lui accorde une valeur, des soins, une attention, un intérêt mais dès qu'il ne produit plus, il redevient ce qu'il n'a jamais cessé d'être aux yeux de cette société : un objet, dont on se débarrasse quand il ne sert plus.
Or un cheval de calèche qui a tiré des touristes pendant quinze ans n'a évidemment pas "servi". Il a vécu et c'était sa vie entière, la seule qu'il aura. Ça me brise le coeur. Cette vie ne devrait pas s'arrêter d'avoir de la valeur le jour où elle cesse d'en produire pour nous.
Parce que c'est bien là le cœur du problème : nous avons construit un monde où la valeur d'un être se mesure à son utilité pour nous.
C'est ce raisonnement qui autorise à faire naître un animal pour le travail, à user son corps, puis à le supprimer quand il ne rend plus service.
Et il ne faut surtout pas se raconter qu'on ne l'a jamais appliqué à des humains. On l'a fait, longtemps, massivement. L'esclavage reposait exactement sur cette logique : un être dont la valeur se mesure à ce qu'il produit, qu'on fait travailler jusqu'à épuisement et dont on se débarrasse quand il ne rapporte plus. L'esclavage américain a directement repris les dispositifs de contention et de surveillance mis au point pour l'élevage : le modèle était déjà là, il a suffi de l'appliquer à d'autres.
Sauf que ça a changé, bon effectivement pas sans combat mais les mentalités ont bougé, le droit a suivi et ce qui paraissait évident à des générations entières est devenu impensable.
Alors pourquoi est-ce que ça ne pourrait pas bouger aussi pour les animaux ? Je n'ai aucune raison de croire que nous serions arrivés au bout de ce que nous pouvons reconnaître aux autres.
La question de la retraite ne demande rien d'extravagant, on demande juste qu'on étende cette évidence-là. Que la vie d'un âne, d'un husky ou d'un éléphant compte pour ce qu'elle est, et pas pour ce qu'elle produit. Se poser la question de leur retraite, c'est simplement admettre qu'ils étaient là, avec nous, tout du long et qu'on leur doit bien un après.
Avec ANIMA, je privilégie les observations d'animaux libres. Et quand une activité implique des animaux de travail, je pose systématiquement la question de leur avenir avant de la recommander. Si tu veux voyager sans que personne ne paie d'addition à ta place, écris-moi.
Sources
Plus de 5 000 animaux (huskies, chevaux, rennes) utilisés pour le tourisme en Laponie ; recommandation d'anticiper l'avenir des animaux avec une politique "zéro euthanasie" et une retraite en foyer ou en sanctuaire ; rôle des touristes (interroger) et des voyagistes (auditer) : manuel scientifique "Animal welfare in tourism services", relayé par la Fondation 30 Millions d'Amis. Abattage de chevaux de course à la retraite en Australie : enquête de l'Australian Broadcasting Corporation (ABC) diffusée en octobre 2019, menée sur deux ans ; 300 chevaux abattus en vingt-deux jours dans un abattoir du Queensland ; estimation de 500 chevaux tués par mois sur ce site par la Coalition pour la protection des chevaux de course ; 8 500 chevaux cessant de courir chaque année et environ 4 000 "disparaissant" selon Paul McGreevy, professeur à l'université de Sydney ; ouverture d'une enquête par la Première ministre du Queensland. Interdiction de la détention d'animaux sauvages dans les cirques itinérants en France à partir de 2028 : loi du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale. Domestication comme contrat unilatéral, sélection génétique orientée vers la docilité et la productivité, et principe selon lequel donner la vie n'implique pas le droit d'en décider la fin : Victor Durand-Le Peuch, « En finir avec les idées fausses sur l'antispécisme ». Structures françaises d'accueil et de reconversion d'équidés retraités ou réformés : Au-delà des Pistes ; La Réserve ; Pataclop ; Le Repos des Hugogos ; Équilibre Cavalcade ; Le Licol Blanc ; Le Refuge de la Cavalière ; plateforme ChevalASauver. "Le petit âne gris" : chanson de Hugues Aufray.




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