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Le tourisme animalier éthique, c'est l'avenir (et voilà pourquoi)

16 sept.
14 min de lecture

Dernière mise à jour : 17 sept.


Il y a une chose à laquelle je suis pas mal confrontée, une question qu'on me pose assez souvent : est-ce que la solution pour les protéger ce serait pas d'arrêter complètement d'aller voir les animaux ?


Alors oui, c'est très franchement une question à prendre au sérieux, ça a le mérite d'être une question intelligente et je peux comprendre l'intention mais franchement je pense pas que ce soit la bonne réponse à notre chère problématique. Je vais t'expliquer pourquoi avec des chiffres le tout bien saupoudré de mes convictions.


Petit état des lieux


Commençons par regarder l'ampleur du problème, parce ça donne bien le tournis.

Jusqu'à 550 000 animaux sauvages souffrent actuellement dans des attractions touristiques à travers le monde.



Éléphants, dauphins, orques, tigres, lions, ours, paresseux, chimpanzés, orangs-outans, gorilles, civettes, loris, koalas, chameaux, ânes, chevaux, aigles, hiboux, perroquets, tortues marines, crocodiles, serpents, requins, raies, phoques, otaries, loutres, kangourous, zèbres, girafes, guépards, léopards, hippopotames, rhinocéros, macaques, ratons laveurs, fennecs, paons, iguanes, alligators, pythons, caméléons, hérissons, singes capucins, ours à bile, pandas, dromadaires, poneys, buffles, faucons, vautours, manchots, bélugas, requins-baleines, anacondas, grenouilles venimeuses, tapirs, pumas, lynx, wombats, diables de Tasmanie, émeus, lamas, cochons...


Et environ 110 millions de personnes visitent chaque année une attraction animalière cruelle. Il y a de plus en plus d'études très sérieuses à ce sujet et l'étude d'Oxford, qui a évalué 188 établissements, est sans appel : trois attractions sur quatre impliquent des atteintes au bien-être animal ou posent des problèmes de conservation.


La cruauté prend des formes précises : bébés arrachés à leur mère, dressage par la contrainte et la privation, isolement, enchaînement, insalubrité, contact forcé avec le public. Ce sont des méthodes complètement normalisées, banalisées, acceptées.. toujours pour la même raison : les animaux et l'exploitation qu'on en fait n'est pas une priorité, c'est comme ça et puis c'est tout.


Et ça s'inscrit dans un tableau plus large qu'on ne peut plus ignorer. Les populations d'espèces sauvages suivies dans le monde ont chuté de 73% en cinquante ans, une moyenne qui grimpe à 95% en Amérique latine et dans les Caraïbes (WWF, Rapport Planète Vivante 2024). Les scientifiques appellent ça la sixième extinction de masse, la première causée par une seule espèce : la nôtre pour rappel. Des populations entières disparaissent avant même qu'on ait eu le temps de les étudier, les feux, les sécheresses et les canicules qui se multiplient ne sont pas des épisodes isolés, ce sont les symptômes du même effondrement. Bref, j'espère prêcher des convaincus.


On le sait, on le voit, on scrolle dessus tous les jours et c'est peut-être là le problème : à force de déverser sa colère sur des plateformes qui monétisent cette colère, on tourne en rond dans un sentiment d'impuissance de plus en plus anxiogène, sans que grand-chose ne change vraiment sur le terrain. Cette extinction est la première causée par une seule espèce, précisément parce qu'on s'est toujours pensés à part, au-dessus du reste du vivant, avec le droit d'en disposer. Renverser cette hiérarchie, c'est ça l'antispécisme, et c'est exactement ce qui doit désormais infuser toute la façon dont on pense le tourisme animalier.


Un animal vivant vaut plus qu'un animal mort


Un animal sauvage observé de façon éthique est l'un des arguments économiques les plus puissants dont dispose la conservation. Il rend un animal vivant, dans un habitat vivant, plus rentable année après année que ses parties, sa peau ou son numéro de cirque.


C'est un raisonnement un peu glacial, presque cynique pour beaucoup, mais promis il fonctionne. Tant qu'un gorille vivant rapporte davantage aux communautés locales qu'un gorille braconné, il y a une raison concrète de le protéger.


En Micronésie, à Palau, une étude de l'Australian Institute of Marine Science a calculé qu'un requin de récif vaut environ 1,9 million de dollars sur toute sa vie grâce à la plongée touristique, contre à peine 108 dollars mort, vendu pour sa viande et ses ailerons. Au Brésil, dans le Pantanal, l'écotourisme lié à l'observation des jaguars génère près de 6,8 millions de dollars par an sur une portion du territoire, quand les pertes de bétail causées par ces mêmes jaguars ne coûtent qu'environ 121 500 dollars aux éleveurs (Tortato et al., 2017).



Dans les deux cas, l'écart est si large qu'il rend la protection de l'animal évidente, même pour quelqu'un qui s'en taperait le coquillard de la question morale.


Le jour où plus personne ne vient, cette raison disparaît et ce qui prend la place n'est pas jojo à voir et n'a rien à voir avec la paix : c'est la conversion des terres, l'extraction, le braconnage.


L'Amazonie brésilienne l'illustre douloureusement... le moratoire qui empêchait depuis 2006 les grands négociants d'acheter du soja cultivé sur des terres déboisées vient de s'effondrer, en janvier 2026, après qu'un État brésilien a supprimé les avantages fiscaux liés à son respect. Résultat attendu : au moins 1,4 million d'hectares de déforestation supplémentaire d'ici dix ans, l'élevage bovin repoussé toujours plus loin dans la forêt par l'expansion du soja. À l'inverse, en Colombie, dans le Guaviare, une famille d'éleveurs a arrêté l'élevage en 2012 pour ouvrir une réserve dédiée aux animaux sauvages victimes de la déforestation : le sol s'est reconstitué, la faune est revenue. Une réserve qui rapporte redevient une forêt alors qu'une réserve qui ne rapporte plus rien redevient un pâturage.


Le trekking aux gorilles de montagne illustre aussi très bien ce mécanisme à l'échelle d'une seule espèce avec un encadrement strict (80 permis par jour, groupes de huit, une heure d'observation), un permis coûteux et une part reversée aux communautés riveraines.


Résultat : la population est passée d'environ 620 individus en 1998 à plus de 1 000 aujourd'hui. Je vous laisse faire vos propres déductions !



Et puis il faut préciser une chose importante : le tourisme animalier n'est pas qu'un problème. Sur les 188 établissements évalués par Oxford, un quart avait un impact positif sur les animaux. Au moins 13 000 animaux sauvages sont pris en charge dans de véritables refuges, sans spectacle ni interaction avec les visiteurs.


Ca veut dire des lieux où l'animal n'exécute jamais rien pour le public : pas de photo avec un bébé, pas de balade, pas de manipulation, pas de spectacle à heure fixe. L'argent qui les fait vivre vient des dons et des droits d'entrée, jamais de la performance de l'animal.


Beaucoup accueillent des individus qui ne pourront jamais retourner en milieu naturel, souvent parce qu'ils ont grandi en captivité ou ont été traumatisés et/ou mutilés. Le visiteur observe, à distance, sans jamais toucher ni faire poser. Ce sont des lieux rares mais ils existent et ils prouvent qu'un modèle économique respectueux de l'animal est possible !


Comment reconnaître une rencontre éthique


Alors si ce n'est pas d'arrêter, c'est quoi ?

Avant de lister des critères, je tiens à expliciter pourquoi ça vaut le coup de continuer à aller à la rencontre des animaux. Ca n'a rien à voir avec un petit supplément d'âme pour touriste en quête de sens. Voir un animal vivre sa vie, sans nous, à distance, ça nous rappelle une chose qu'on oublie facilement derrière un écran : qu'on est nous-mêmes des animaux, avec un corps qui a peur, qui s'émerveille, qui reconnaît un danger avant même de le comprendre. Ça maintient quelque chose d'essentiel à la fois dans notre humanité, cette capacité à s'émouvoir pour un être qui ne nous ressemble pas et n'a rien à nous offrir en retour, et dans notre animalité, ce point commun qu'on partage avec lui bien plus qu'on ne veut l'admettre : un corps qui respire, qui a peur, qui cherche sa place dans le monde, exactement comme le sien. Couper complètement ce lien ne protégerait aucun animal, ça ne changerait strictement rien à sa vie dans son habitat. Ça achèverait surtout une fiction qu'on entretient depuis longtemps, celle d'un monde des humains et d'un monde de la nature, séparés, alors qu'on n'a jamais cessé d'appartenir à la même communauté du vivant que le loup ou la fourmi ou l'hérisson. Renouer avec eux, même de loin, même une fois par an, c'est se souvenir qu'on leur doit une réponse et un bonheur qui se construit sans jamais compter ceux qui n'ont pas de visage humain, comme le pensait déjà le géographe Élisée Reclus il y a plus d'un siècle, restera toujours un bonheur incomplet !


Bref, passons aux conditions, elles sont strictes mais elles tiennent en une phrase : sauvage, libre, à distance, aux conditions de l'animal. Voici ce que ça implique :



L'animal décide de la rencontre


C'est le premier critère, bon même si faut avouer que c'est aussi le plus discriminant. L'animal peut partir à tout moment et parfois il le fait. Ce qui signifie qu'un opérateur honnête ne promet jamais d'observation et encore moins de photo. Si on te garantit de voir quelque chose, c'est bien trop bizarre, quelque chose a sûrement été arrangé : un animal captif, appâté, conditionné ou alors une zone où il n'a nulle part d'autre où aller.


La distance est TOUJOURS respectée


Pour les animaux marins, les lignes directrices de la NOAA, (l'agence américaine chargée notamment de la protection des océans et de la faune marine), servent de référence internationale : distances minimales, limites de temps d'observation et jamais de nourrissage, de poursuite ou de modification du comportement. Bref, un opérateur sérieux connaît ces distances par cœur et te les annonce spontanément. C'est même souvent la première chose dont il parle.


Les groupes sont petits et les guides licenciés


Surtout que ces deux points sont vérifiables avant de réserver ! Généralement tu trouves tout sur le site, le compte Insta, la page Google... Alors, combien de personnes par sortie ? Vos guides ont quelle formation, quelle licence ? Franchement un lieu qui répond précisément à ça a de bonnes chances d'être sérieux sur le reste.


Où va vraiment ton argent


Quand tes droits d'entrée financent des gardes, des réserves et des emplois locaux, la protection de l'animal devient le gagne-pain de quelqu'un. Ce cercle vertueux est super important à avoir en tête puisqu'il signifie que ni le braconnage ni la captivité ne pourront jamais rivaliser économiquement avec un animal vivant qui fait travailler tout un territoire.

Demande donc où va ton argent, avec des noms de programmes et des montants. Pas « une partie des bénéfices est reversée », qui ne veut strictement rien dire, on veut savoir nous !


Fiable mais contre-intuitif


Et un repère qui ne m'a jamais trompée : le vrai s'accompagne toujours d'un "inconfort" si je dois peser mes mots. Je parle du départ à 4h du matin, l'attente silencieuse et immobile pendant 2h à compter les cailloux, le froid, l'humidité, les jambes engourdies, le bout des doigts gelés. Ah et puis bien sûr et surtout : l'observation qui, peut-être, ne viendra pas du tout !


À l'inverse, tout ce qui dans le tourisme animalier est garanti, ponctuel et photogénique a été fabriqué pour l'être. Tu poses ton petit cul dans un petit train à touristes et tu croises à deux mètres des lions, des tigres et je-ne-sais-quoi d'autre sans jamais avoir eu à chercher, à attendre, ni même à espérer ? Ce n'est pas de la chance ça et c'est même plutôt mauvais signe !


L'animal qui apparaît à heure fixe, la photo réussie à coup sûr, le programme qui se déroule comme prévu : ça ne se produit pas comme ça à l'état naturel des choses ! Mais effectivement ça se produit quand quelqu'un a arrangé le monde des animaux pour toi. Bref, plus c'est confortable, plus tu devrais te méfier, même si ça ne doit jamais devenir une règle absolue : le hasard fait parfois bien les choses, et il arrive qu'une observation facile soit simplement le fruit d'une vraie chance ou d'une population locale abondante et bien protégée. Alleluia dans ce cas !


Pourquoi je crois que c'est l'avenir


Maintenant, la raison pour laquelle je fais ce métier plutôt qu'un autre.



Le voyage est un terrain de lutte politique et économique où les intérêts commerciaux décident directement de ce qui est proposé, vendu et rendu désirable aux voyageurs et voyageuses. Ce n'est jamais un hasard si la balade à dos d'éléphant trône en couverture de chaque brochure et si l'observation silencieuse en pleine nature n'apparaît nulle part : l'une se vend en un clic, l'autre demande un guide formé, du temps et l'acceptation de repartir bredouille. Bon, voilà, j'ai enfin lâché ce que je voulais crier un bon coup depuis le début : tu voyages ? Et bien c'est un acte militant, c'est un pouvoir politique !


Le tourisme mondial pèse plus de mille milliards de dollars et représente environ 9% du PIB mondial. On table sur 1,8 milliard d'arrivées touristiques par an d'ici 2030. Le tourisme animalier, lui, représenterait entre 20 et 40% du tourisme mondial.


Ca fout le vertige, c'est énorme, ça fait peur et c'est justement pour ça qu'un déplacement minuscule à l'échelle du secteur pèse des milliards à l'échelle du monde. Le tourisme animalier représente à lui seul entre 200 et 400 milliards de dollars par an. Faire bouger ne serait-ce qu'un pour cent de cette somme vers des pratiques éthiques, c'est déplacer plusieurs milliards de dollars vers un modèle qui protège plutôt qu'il n'exploite.


Et la demande change déjà. Il y a dix ans, monter sur le dos d'un éléphant en Thaïlande ne posait de question à peu près à personne, en tout cas c'était le cas pour la grande majorité des voyageurs que je croisais sur place. Aujourd'hui, la plupart des voyagistes sérieux l'ont retiré de leurs offres et ceux qui le proposent encore doivent se justifier. Ce genre de bascule va vite une fois qu'elle est lancée : les cirques itinérants ne pourront plus détenir d'animaux sauvages en France à partir de 2028, plusieurs pays ont interdit les delphinariums, le nombre de personnes qui se disent prêtes à renoncer à la fourrure ou à un parc marin ne cesse d'augmenter. On ne parle pas d'un mouvement marginal, on parle d'un basculement de norme sociale qui s'accélère.


J'ai arrêté de compter le nombre de conversations avec des gens qui aimaient profondément les animaux et qui n'avaient jamais vraiment questionné ce qu'ils avaient fait un jour, en voyage ou ailleurs : nagé avec des dauphins, pris une photo avec un tigre, fait du bénévolat auprès de lionceaux présentés comme orphelins. Moi la première j'ai fait de sacrées tuiles avant de mieux comprendre et changer de regard. Ce ne sont pas des gens malveillants qui ont agi en connaissance de cause, on est tellement nombreux à ne pas remettre en question et pour qui ces gestes paraissaient complètement normaux, acceptés, allant de soi. Il suffit souvent d'en parler une fois pour que quelque chose bascule.


Et puis les gens veulent du sens, du vrai et veulent sortir du faux qui nous épuise tous. On commence tous à se méfier des lieux trop lisses et surtout, chaque fois que quelqu'un renonce à une attraction et choisit une observation en milieu naturel, il déplace un peu d'argent d'un modèle vers l'autre. C'est ce qu'on pourrait appeler la stratégie des petits pas et elle compte davantage qu'elle n'en a l'air : chaque renoncement isolé semble dérisoire mais additionné à des milliers d'autres, il devient une force de marché qu'il ne faut pas du tout négliger.



Evidemment, le problème n'a jamais été d'aimer les animaux. Le problème, c'est la manière dont cet amour a été mis "en marché" : transformé en produit d'appel, en photo à afficher, en expérience à cocher sur une liste, sans jamais interroger ce qu'elle coûte à celui qui la subit. On nous a vendu le contact comme preuve d'amour, alors que le contact est justement, la plupart du temps, ce qui prouve l'absence de choix de l'animal. Réorienter cet amour vers l'observation à distance ne le diminue pas, ça le rend simplement honnête.


Et si le tourisme animalier éthique est en train de devenir la norme, ça dit quelque chose de beaucoup plus large qu'une tendance touristique. Une déconstruction profonde est en cours dans notre rapport aux animaux et je la vois véritablement se dessiner autour de moi, dans les conversations, dans les choix de voyage, dans ce qu'on accepte encore de payer ou plus du tout.


Le tourisme animalier pèse déjà des centaines de milliards de dollars parce que les gens aiment les animaux. Mais le problème, c'est qu'on finance, sans le savoir ou sans y penser, un système qui l'exploite pour nous le rendre accessible plus vite, de plus près, à moindre coût. Aimer mal, c'est aimer sans jamais avoir appris à regarder ce que cet amour coûte à l'autre mais pensé e fait autrement, ce même amour construit exactement l'inverse.


Observer un animal dans ses conditions à lui, à distance, sans rien exiger, ça oblige à ralentir, à apprendre son comportement, à accepter de ne pas tout obtenir. Et c'est précisément ce ralentissement qui développe une vraie empathie, celle qui permet de comprendre un être plutôt que de simplement le consommer. Un monde qui apprend à aimer mieux les animaux est un monde qui apprend, doucement, à cohabiter avec eux plutôt qu'à les mettre en scène pour nous.


Un monde qui nous pousse à devenir complices, même sans le vouloir, de la souffrance d'un être sensible n'est bon pour personne. Pas seulement pour l'animal exploité, mais aussi pour le voyageur ou la voyageuse embarqué·e dans un système qu'il ou elle n'a jamais vraiment choisi, juste parce que c'était l'option la plus visible, la plus vendue, la moins chère. Notre travail, à toi qui lis ça et à moi qui l'écris, c'est de rendre visibles les autres options, jusqu'à ce que refuser l'exploitation animale en voyage cesse d'être un acte militant pour devenir, tout simplement, la norme.


Ce que tu peux faire dès maintenant


  • Refuse tout contact. Pas de photo, pas de câlin, pas de balade sur le dos. C'est le critère qui élimine à lui seul l'immense majorité des mauvais lieux.

  • Accepte de ne rien voir. C'est le renoncement le plus difficile et le plus décisif. Un voyage animalier réussi n'est pas celui où tu as coché toutes les espèces, c'est celui où tu n'as rien abîmé.

  • Choisis des guides locaux formés et correctement payés. C'est bon pour l'observation, et c'est ce qui fait exister l'économie de la conservation.

  • Demande où va ton argent, avant de réserver, par écrit !

  • Laisse des avis honnêtes. Souviens-toi des 80% de touristes qui notent positivement des lieux maltraitants. Un avis lucide, qui explique pourquoi un lieu pose problème, vaut plus que beaucoup de discours.


Je sais que ça fait beaucoup de choses à intégrer pour des vacances, ce moment censé justement te permettre de sortir des cases et des protocoles du quotidien. Personne n'a envie de partir en voyage avec une checklist éthique en tête. Mais chacune de ces façons de faire, répétée une fois, dix fois, mille fois par des gens qui n'ont jamais échangé un mot entre eux, fait exactement le travail de pression dont ce secteur a besoin pour changer. Tu n'as pas besoin de sauver un animal pendant ton voyage. Tu as juste besoin de ne pas nourrir le système qui les abîme, une fois, et une autre encore.


Avec ANIMA, je construis des voyages qui reposent entièrement sur ces principes : animal libre, distance respectée, argent qui atteint le terrain, et aucune garantie d'observation. Si ça te parle, écris-moi.


Sources

Jusqu'à 550 000 animaux sauvages souffrant dans des attractions touristiques et environ 110 millions de visiteurs annuels de sites cruels : World Animal Protection, campagne « Wildlife. Not Entertainers » ; rapport « Checking out of cruelty ». Évaluation de 188 établissements et analyse de plus de 50 000 avis TripAdvisor ; trois attractions sur quatre impliquant des atteintes au bien-être ou des problèmes de conservation ; 80% d'avis positifs sur des lieux à faible bien-être : Wildlife Conservation Research Unit (WildCRU), université d'Oxford. Déclin de 73% des populations d'espèces sauvages suivies entre 1970 et 2020, jusqu'à 95% en Amérique latine et Caraïbes : WWF, Rapport Planète Vivante 2024. Valeur touristique d'un requin de récif à Palau (1,9 million de dollars sur sa vie contre 108 dollars mort) : Vianna, G. et al. (2011), Australian Institute of Marine Science / University of Western Australia. Valeur de l'écotourisme lié aux jaguars dans le Pantanal brésilien (6,8 millions de dollars par an contre 121 500 dollars de pertes de bétail) : Tortato, F.R. et al. (2017), Global Ecology and Conservation. Effondrement du moratoire sur le soja en Amazonie brésilienne en janvier 2026 et projection de 1,4 million d'hectares de déforestation supplémentaire : étude parue dans Science, relayée par l'AFP ; Mighty Earth. 60 millions d'hectares d'Amazonie (17% de sa surface) convertis en pâturages ou cultures de soja en 30 ans : Institut national de recherches spatiales du Brésil (INPE, 2018). Famille d'éleveurs reconvertie en réserve de faune sauvage dans le Guaviare, Colombie : RTBF avec AFP (2023). Au moins 13 000 animaux sauvages pris en charge dans des structures sans spectacle ni interaction : WildCRU ; World Animal Protection. Poids du tourisme mondial (plus de mille milliards de dollars, environ 9% du PIB mondial), projection de 1,8 milliard d'arrivées annuelles d'ici 2030, et part estimée du tourisme animalier (20 à 40%) : World Animal Protection, « Checking out of cruelty ». Lignes directrices d'observation des animaux marins (distances minimales, limites de temps, interdiction du nourrissage et de la poursuite) : National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA). Encadrement du trekking aux gorilles de montagne et évolution de la population (environ 620 individus en 1998, plus de 1 000 aujourd'hui) : Rwanda Development Board ; Uganda Wildlife Authority ; UNESCO. Interdiction de la détention d'animaux sauvages dans les cirques itinérants en France à partir de 2028 : loi du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale. Idée de la complicité forcée avec l'exploitation animale et de la norme à faire advenir, adaptée au tourisme animalier : inspirée de Victor Durand le Plösch, « En finir avec les idées fausses sur l'antispécisme ».

 
 
 

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